

Israël menace d'élargir son offensive à Gaza si les otages ne sont pas libérés
Israël a menacé mercredi de s'emparer de nouveaux secteurs de la bande de Gaza si le Hamas ne libérait pas les derniers otages retenus dans le territoire palestinien, où l'armée a repris le 18 mars son offensive.
Mercredi, de nouvelles manifestations hostiles au Hamas, qui dirige le territoire depuis 2007, ont eu lieu dans la bande de Gaza. Des centaines de personnes ont défilé à Gaza-ville et à Beit Lahia, dans le nord, criant "Hamas dehors" et portant des pancartes où était écrit "Le Hamas ne nous représente pas".
"Nous ne voulons pas du Hamas! Nous sommes fatigués!", a affirmé un manifestant, Muayed Zahir, à Gaza-ville.
Beit Lahia avait été le théâtre la veille du plus grand rassemblement anti-Hamas depuis le début de la guerre. Des appels à manifester, d'origine inconnue, dans neuf points du territoire, avaient ensuite circulé sur Telegram.
"De plus en plus de Gazaouis comprennent que le Hamas leur apporte destruction et ruine, et c'est essentiel. Tout cela prouve que notre politique fonctionne", s'est félicité mercredi le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, en s'adressant aux députés israéliens à Jérusalem.
Benjamin Netanyahu a également accusé l'opposition d'"alimenter l'anarchie" en soutenant les manifestations qui se multiplient en Israël pour protester contre la reprise de l'offensive à Gaza et le limogeage du chef du Shin Bet, l'Agence de sécurité intérieure.
- "Puissante" pression -
L'armée israélienne a repris le 18 mars ses bombardements sur la bande de Gaza, suivis d'opérations terrestres, après près de deux mois de trêve dans la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre 2023.
Depuis, au moins 830 Palestiniens ont été tués dans le territoire assiégé et dévasté, selon le ministère de la Santé du Hamas.
L'armée israélienne a annoncé mercredi que deux projectiles avaient été tirés de la bande de Gaza, l'un intercepté et l'autre tombé dans le sud du pays.
La situation humanitaire est particulièrement dramatique à Gaza depuis qu'Israël a fermé le 2 mars les points de passage pour l'aide humanitaire, espérant faire plier le Hamas pour qu'il rende les otages toujours entre ses mains.
La reprise de l'offensive a provoqué, selon l'ONU, le déplacement de 142.000 personnes en une semaine, alors que la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés depuis le début de la guerre.
"Plus le Hamas persistera dans son refus de libérer nos otages, plus la pression que nous exercerons sera puissante", a déclaré mercredi M. Netanyahu.
"Cela inclut la prise de territoires, ainsi que d'autres mesures que je ne détaillerai pas ici", a-t-il ajouté.
"L'armée va mener bientôt des opérations avec une force maximale sur de nouvelles zone de Gaza", a déclaré de son côté le ministre de la Défense Israël Katz dans une vidéo, s'adressant aux habitants du territoire. "Le Hamas met vos vies en danger, vous faisant perdre vos maisons et de plus en plus de territoire", a-t-il dit.
Sur les 251 otages enlevés le 7 octobre 2023, 58 sont toujours détenus à Gaza, dont 34 sont morts selon l'armée israélienne.
- "Dans des cercueils" -
Le Hamas a affirmé mercredi que les derniers otages pourraient être tués si Israël tentait de les libérer par la force et poursuivait ses frappes.
Il a assuré faire "tout son possible" pour les maintenir en vie, mais averti que les bombardements israéliens mettaient "leur vie en danger".
"Chaque fois que l'occupation tente de récupérer ses captifs par la force, elle finit par les ramener dans des cercueils", a-t-il ajouté.
Gal Gilboa-Dalal, dont le frère cadet, Guy, a été enlevé le 7 octobre 2023 au festival de musique Nova s'est dit "terrifié" à l'idée que les opérations israéliennes "mettent en danger les otages".
"Il n'y a aucun moyen de savoir ce que les terroristes pourraient leur faire ou si un missile pourrait accidentellement les toucher", a-t-il affirmé à l'AFP.
L'attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels.
En représailles, Israël a lancé une offensive sur Gaza, qui a fait au moins 50.183 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les données sont jugées fiables par l'ONU.
H.Lentz--LiLuX