

Ski: "ce serait présomptueux de dire que je joue le globe", estime Noël
Le Français Clément Noël, quatre fois victorieux cet hiver en slalom, possède encore une mince chance de remporter le classement de la spécialité jeudi lors des finales du ski alpin à Sun Valley (Idaho, Etats-Unis).
Mais le champion olympique âgé de 27 ans assure à l'AFP "ne pas avoir l'impression" de jouer un globe, avec ses 86 points de retard sur le Norvégien Henrik Kristoffersen.
QUESTION: Avant le slalom jeudi vous avez décidé de disputer le géant mercredi...
REPONSE: "Le géant c'est pour prendre la température, se faire plaisir, toucher la neige. Je ne vois pas beaucoup d'inconvénients. Si ça me semble dangereux, je le verrai avant et je ne le ferai pas. On ne sait jamais, je peux toujours faire une course correcte en faisant une belle deuxième manche, remonter un peu. Ça peut être sympa."
Q: Malgré votre retard conséquent, avez-vous quand même le globe du slalom en tête?
R: "Je n'ai pas du tout l'impression de jouer un globe, même si mathématiquement c'est le cas. Ce serait hyper présomptueux de dire que je joue le globe. Parce que déjà, il faut gagner la course. En plus, il faut que les autres fassent des erreurs. Je vais juste essayer de faire la meilleure course possible, finir sur une bonne note la saison. Peu importe si je gagne le globe ou que je finis deuxième, troisième. Si j'ai gagné cinq courses dans l'hiver, je m'en fous. Mais pour cela, il faut se bouger. Parce que ce ne sont pas les conditions que je préfère. Il fait très chaud, on s'adaptera."
Q: L'équipe de France a eu peu de résultats cet hiver, sauf en slalom. Vous sentez-vous protégé d'une certaine morosité?
R: "On a eu des motifs de satisfaction quasiment sur toutes les courses de la saison en slalom. On a une bonne dynamique, des bons coachs, on est protégé de l'ambiance morose, il n'y a aucun problème. J'aime bien mon groupe, la façon dont on vit. Le groupe m'apporte quelque chose, et j'espère apporter quelque chose au groupe."
Q: Pensez-vous avoir un rôle de transmission?
R: "Je ne suis pas quelqu'un qui parle non plus trop, je ne vais pas aller voir les gens et leur étaler ma science. Avec le groupe, on partage beaucoup de choses. Ensuite, si des jeunes viennent avec nous, il n'y a pas de souci pour essayer de leur donner des conseils si je vois qu'ils sont un peu à la rue. La transmission, je pense que c'est important. En tout cas, c'est important d'être transparent et bienveillant, sinon, ça peut vite mettre une mauvaise ambiance et une rivalité malsaine qui ne fait pas avancer le groupe vers le haut. Nous, on tire aussi notre force du collectif."
Q: Vous êtes un garant de cet état d'esprit?
R: "On vit tellement de jours ensemble dans l'année qu'on ne peut pas être toujours à fond. Mais par contre, il faut qu'on arrive à faire les efforts. Pour que l'ambiance générale soit bonne, il ne faut pas que chacun fasse ce qu'il veut. Sinon, c'est invivable. Chacun doit être à sa place sans que ce ne soit imposé. Il faut un respect mutuel, dans la bonne intelligence. Si un jeune prend trop de place, qu'il choisit son créneau de kiné en premier... Calme un peu, tu viens d'arriver! À partir du moment où tout le monde se respecte, moi je ne prends pas plus de place que ça. Mais s'il y en a un qui l'ouvre trop, ça me saoule."
R: Vous aimez vivre en quelque sorte dans votre bulle?
R: "Je ne fais pas attention à tout ce qu'il se passe autour de moi, comme la pression aux Mondiaux, les critiques, le fait qu'on n'avait pas de médaille avant le slalom, ça me passe vraiment au-dessus. Je me concentre sur moi, sur mes courses, je suis content quand les autres font des résultats, certes, mais mon focus est sur moi et ce que je fais, et je ne le fais pas trop mal, je n'ai pas l'impression de me planter plus que ça. Je pense que c'est important d'avoir une sorte de filtre, si on est trop affecté par tout ce qui se passe autour, le malheurs des uns, les critiques des autres, on ne peut rien faire."
Propos recueillis par Robin GREMMEL
L.Olinger--LiLuX